mercredi 20 octobre 2010

Étape 55 - Mardi 19 octobre - La Portela de Valcarce - Alto de Poyo - 22,9 km

Voilà. Le compte à rebours est commencé. Aujourd'hui a été mon dernier mardi sur le chemin! Si Dieu le veut toujours, je ferai mon entrée dans la cathédrale de Santiago de Compostela lundi le 25 octobre prochain à 13:00 heures.

J'ai eu droit encore aujourd'hui à des paysages magnifiques toute la journée, mais il a fait très froid, genre 3 degrés, pour la première heure même si j'ai quitté à 8:45 heures. J'ai trouvé super de ma faire accompagner par la belle musique des vaches et leurs clochettes dans cette matinée froide.












On entre finalement en Galice juste avant d'atteindre la village d'El Cebreiro. Le village est vieux et vraiment très beau, perché au sommet de la montagne, et offrant une vue presqu'à 360 degrés sur les vallées et montagnes environnantes.








J'ai vécu un moment très fort lorsque je me suis pointé à la croix surplombant le village, à 100 mètres plus haut. C'est un endroit d'un calme et d'une sérénité désarmants. Pour la première fois j'ai senti fortement que le voyage achevait vraiment et les larmes me sont venues aux yeux. J'ai pourtant très hâte de terminer car mes jambes sont fatiguées, et moi aussi, mais en même temps, il y a cette tristesse qui s'est installée.








Je me suis arrêté pour coucher à Alto do Poño, au sommet du tout dernier col des montagnes et à neuf kilomètres plus loin que El Cebreiro. C'est haut, autour de 1,400 mètres, mais c'est un trou ici, comme on dit chez nous, avec 4 habitations, une délabrée, une à vendre, un resto-alberge et l'autre resto-hostal tout croches. Mais un site incroyable, avec un coucher de soleil et des peregrinos extraordinaires.




À très bientôt.

lundi 18 octobre 2010

Étape 54 - Lundi 18 octobre - Cacabelos - La Portela de Valcarce - 22,9 km

J'ai été vraiment gâté ce matin car on m'a offert possiblement la plus belle matinée depuis les Pyrénées. Température fraiche et idéale autour de 8 ou 9 degrés, aucun vent, un ciel bleu et des paysages du vignoble du Berzio magnifiques. J'en suis encore tout émerveillé.












Ensuite, il y a eu la traversée de ce très beau village qu'est Villafranca de Berzio où j'ai pu croiser quelques pèlerins, dont cette très chouette coréenne que je vois à peu près tous les jours depuis quelques semaines. Elle est avec deux autres amies et tout le monde les connaît, elles sourient toujours, saluent tous les pèlerins, elles sont vraiment très mignonnes.












Le reste de la journée a été tout le contraire, interminable, le long d'un autoroute et sur le bitume, ce qui m'a tué les pieds. Mais demain sera mieux, car c'est finalement la montée du Cebreiro, la plus haute après les Pyrénées avec ses 1,000 mètres de dénivelé. Je coucherai tout en haut pour redescendre mercredi et faire les cinq dernières étapes avant Santiago. Eh oui, déjà! Mais aussi finalement!

À bientôt.

Les Templiers

J'ai pensé que cet extrait provenant de Wikipedia sur les Templiers pourrait vous intéresser.

L’ordre du Temple était un ordre religieux et militaire international issu de la chevalerie chrétienne du Moyen Âge, ses membres étaient appelés les Templiers.

Cet ordre fut créé le 22 janvier 1191 à partir d'une milice appelée les Pauvres Chevaliers du Christ et du Temple de Salomon. Il œuvra pendant les xiie et xiiie siècles à l'accompagnement et à la protection des pèlerins pour Jérusalem dans le contexte de la guerre sainte et des croisades. Il participa activement aux batailles qui eurent lieu lors des croisades et de la Reconquête.

Afin de mener à bien ses missions et notamment d'en assurer le financement, il constitua à travers l'Europe chrétienne d'Occident et à partir de dons fonciers, un réseau de monastères appelés commanderies. Cette activité soutenue fit de l'ordre un interlocuteur financier privilégié des puissances de l'époque, le menant même à effectuer des transactions sans but lucratif avec certains rois ou à avoir la garde de trésors royaux.

Après la perte définitive de la Terre sainte en 1291, l'ordre fut victime de la lutte entre la papauté et le roi de France, Philippe le Bel. Il fut dissout par le pape Clément V le 13 mars 1312 à la suite d'un procès en hérésie. La fin tragique de l'ordre mena à nombre de spéculations et de légendes sur son compte.

La vocation de l'ordre du Temple était la protection des pèlerins chrétiens pour la Terre sainte. Ce pèlerinage durait plusieurs années et les pèlerins devaient parcourir près de douze mille kilomètres aller-retour à pied, ainsi qu'en bateau pour la traversée de la mer Méditerranée. Les convois partaient deux fois par an, au printemps et en automne 24. Généralement, les pèlerins étaient débarqués à Acre, appelée aussi Saint-Jean-d'Acre, puis devaient se rendre à pied sur les lieux saints. En tant que gens d'armes (gendarme), les Templiers sécurisaient les routes, en particulier celle de Jaffa à Jérusalem et celle de Jérusalem au Jourdain. Ils avaient également la garde de certains lieux saints : Bethléem, Nazareth, le Mont des Oliviers, la vallée de Josaphat, le Jourdain, la colline du Calvaire et le Saint-Sépulcre à Jérusalem.

Tous les pèlerins avaient droit à la protection des Templiers. Ainsi, ces derniers participèrent aux croisades, pèlerinages armés, pour effectuer la garde rapprochée des souverains d'Occident. Aussi, en 1147, les Templiers prêtèrent main forte à l'armée du roi Louis VII attaquée dans les montagnes d'Asie Mineure durant la deuxième croisade (1147-1149). Cette action permit la poursuite de l'expédition et le roi de France leur en fut très reconnaissant. Lors de la troisième croisade (1189-1192), les Templiers et les Hospitaliers assuraient respectivement l'avant-garde et l'arrière-garde de l'armée de Richard Cœur de Lion dans les combats en marche. Lors de la cinquième croisade, la participation des ordres militaires, et donc les Templiers, a été décisive dans la protection des armées royales de Louis IX devant Damiette.

L'ordre du Temple a aidé exceptionnellement les rois en proie à des difficultés financières. À plusieurs reprises dans l'histoire des croisades, les Templiers renflouèrent les caisses royales momentanément vides (croisade de Louis VII), ou payèrent les rançons de rois faits prisonniers (croisade de Louis IX).

En Orient comme en Occident, l'ordre du Temple était en possession de reliques. Il était parfois amené à les transporter pour son propre compte ou bien convoyait des reliques pour autrui. Les chapelles templières abritaient les reliques des saints auxquelles elles étaient dédiées. Parmi les plus importantes reliques de l'ordre se trouvaient le manteau de saint Bernard, des morceaux de la couronne d'épines, des fragments de la Vraie Croix.

Source:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Ordre_du_Temple





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Étape 53 - Dimanche 17 octobre - Molinaseca - Cacabelos - 22,3 km

J'ai atteint la belle ville de Ponferrada après deux heures de marche. Elle est importante sur le Chemin de Compostelle en raison de son immense château-fort templier qui la surplombe.

Les templiers se sont installés le long du chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, dès 1178, sur concession des rois du León, et la forteresse de Ponferrada est l'une de leurs principales implantations. Elle participa aux actions militaires et de colonisation de l'ordre du Temple lors de la Reconquista. À la suppression de l'Ordre du Temple, en 1312, le château passe sous la propriété de la Couronne de León et Castille. Tout au long des années suivantes, le château de Ponferrada sera cédé à plusieurs reprises à des familles nobles et récupéré en d'autres occasions par la Couronne lorsque la fortune se montrait défavorable à la famille propriétaire.












Le reste de la journée a été une belle balade dans cette superbe vallée du Berzio, que je continuerai à traverser demain, située entre les Monts de León traversés hier et les monts du Cebreiro qui se pointent, dernière barrière naturelle sur la route vers Santiago.








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samedi 16 octobre 2010

Étape 52 - Samedi 16 octobre - Rabanal del Camino - Molinaseca - 25,9 km

J'ai eu droit à une étape magnifique aujourd'hui, la plus belle depuis les Pyrénées, par une journée fraiche, mais ensoleillée.

Tout d'abord, il y a eu ce village à la fois bizarre et merveilleux à mi-chemin de la montée vers la Croix de Fer ou "Cruz de Ferro", à près de 1,500 mètres d'altitude. Ce village était dans mon livre à moi tout en ruines, mais comptait tout de même trois albergues. Aucune rue asphaltée, des bâtiments avec une allure abandonnée, le village le plus hors de ce monde que j'ai vu jusqu'ici. J'ai croisé plus tard dans la journée trois pèlerines solo qui y avaient dormi et qui ont tout simplement adoré.




Puis, cette fameuse Croix de Fer, au pied de laquelle la tradition veut que chaque pèlerin dépose sa pierre qu'il a transportée depuis le tout début de son pèlerinage. J'avais bien sûr la mienne, une toute petite pierre que j'avais ramassée sur le Chemin au sortir du Puy-en-Velay, le 23 août.



Ensuite, quelques kilomètres sur les sommets de ces belles montagnes avant la très longue et belle descente vers la vallée et Molinaseca.






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Le Chemin des gens ordinaires

Il n'y a pas de classes sociales sur le Chemin de Compostelle, pas plus qu'il n'y a de système hiérarchique. Personne n'est au-dessus ou en-dessous d'un autre (sauf dans les lits superposés des albergues!). Il n'y a tout simplement pas de place pour ça ici; il s'agit d'une réalité qui se comprend rapidement et qui s'installe automatiquement dans chacun des pèlerins. Il n'y a pas de place non plus pour de la prétention, ni pour de la vanité, ni pour de la tricherie. Seulement pour de la simplicité, de la complicité, de l'entraide, de la bonté, de l'amour.

Je réalise à quel point Paulo Coelho, dans son "Le Pèlerin de Compostelle", avait merveilleusement choisi ses mots en qualifiant ce chemin de "chemin des gens ordinaires". J'ai lu ce livre il y a un an et demi environ, mais je le lis à nouveau occasionnellement depuis mon départ. J'avais bien compris ce qu'il voulait dire dès la première lecture, mais ici, en vivant Compostelle, ces simples mots prennent véritablement leur pleine signification. Il est même allé jusqu'à écrire que "l'extraordinaire se produit sur le chemin des gens ordinaires", ce dont il doutait fortement lui-même avant d'entreprendre son propre pèlerinage il y a vingt-cinq ans.

Je crois que Mathias m'a fait comprendre un peu la même chose à sa façon. Ayant entrepris ce chemin un peu par curiosité et avec une vague impression que ça pourrait apporter un peu de positif dans sa vie, il semble en avoir retiré quelque chose de particulièrement précieux, tout comme Coelho. Il m'a confié y avoir en effet trouvé progressivement un sens nouveau et plus satisfaisant à sa vie. Dans son cas, après son premier Compostelle, il a commencé à s'occuper de gens qui sont dans le véritable besoin, de plusieurs façons, pas seulement financièrement, mais via un engagement personnel dans divers organismes d'aide, localement et internationalement. Il dit que cela a été pour lui la seule façon logique de pouvoir rendre un peu aux autres une partie du bien-être qu'il a lui-même reçu de la vie. À chaque nouveau pèlerinage, il vient se ressourcer et puiser une énergie plus grande lui permettant d'aller toujours plus loin dans cette relation d'aide.

C'est bien évident que c'est quelque chose qui m'inspire beaucoup depuis cette conversation avec lui, il y a déjà plus de deux semaines. Je me demande d'ailleurs souvent où il en est rendu dans son pèlerinage, mon ami Mathias. Je ne l'ai pas revu depuis cette deuxième rencontre avec lui, et je pense presque quotidiennement à tout ce qu'il m'a raconté si généreusement sur Compostelle et ces pèlerinages vers Rome et Jérusalem. Il semble bien que toutes les grandes religions du monde ont leur pèlerinage. Les musulmans, par exemple, ont le devoir de faire un pèlerinage à La Mecque au moins une fois dans leur vie. Même chose dans le judaïsme en ce qui concerne Jérusalem. Pour les juifs, Jérusalem était avant tout une ville de pèlerinage. Dans l'ancien temps, trois fois par an, tous les Israélites devaient monter au Temple. Aujourd'hui encore, à ma connaissance, les juifs vivant hors d'Israël doivent se rendre en pèlerinage à Jérusalem au moins une fois dans leur vie. Même l'hindouisme en a un, que Mathias m'a décrit, mais dont j'oublie les détails.

Seul le christianisme en tant que grande religion n’a jamais édicté une loi obligeant ses fidèles à se rendre en pèlerinage à la ville sainte, bien que les pèlerins voulurent la visiter dès les premiers siècles après Jesus-Christ.

C'est peut-être cette absence d'obligation qui explique qu'il y a de moins en moins de véritables pèlerins sur ce Chemin de Compostelle. Par véritables pèlerins, j'entend ceux qui le font pour des motifs religieux, avec l'intention d'aller vénérer les reliques de Saint-Jacques à Santiago. Amar m'avait demandé justement si je croyais être en train de faire un pèlerinage. Je lui ai répondu que non, mais je ne savais pas très bien comment répondre en réalité. Il m'a très bien expliqué, et Mathias aussi, qu'il n'y avait pas de véritable pèlerinage sans démarche religieuse. Par définition, un pèlerinage est d'abord une démarche religieuse. Ce n'est pas mon cas, et mis à part Mathias et Amar, je n'ai rencontré qu'un seule personne à date qui pourrait affirmer qu'elle fait vraiment un pèlerinage. Nous sommes tous des "peregrinos", mais... Ça ne m'empêche pas d'en faire une démarche spirituelle et intérieure, mais appelons les choses par leur nom!

Il est clair toutefois que ce Chemin de Compostelle demeure un magnifique et extraordinaire chemin de gens ordinaires.

Denis, à Rabanal del Camino, le 15 octobre 2010


Étape 51 - Vendredi 15 octobre - Astorga - Rabanal del Camino - 21,5 km

Il faisait encore très froid ce matin et j'en ai profité pour visiter la cathédrale d'Astorga qui ouvrait à 9:00 heures. Elle n'est certes pas aussi belle que celles de Burgos ou de León, mais est tout de même impressionnante.



Le soleil n'a pas percé les nuages avant le début de l'après-midi, de sorte que la journée est demeurée très froide. Heureusement, j'avais mon nouveau manteau acheté la veille. Et puis ce fut une courte étape, en douce montée, finalement plutôt agréable.




Il y en a qui ont toutes sortes d'accoutrements, comme celui-ci, qui s'est fait une charrette à partir d'un bateau, le tout tiré par un cheval.

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